dimanche 24 décembre 2006

Portrait de co-squatteur n°2 : Chris



Chris est américain (de Denver, l’indique fièrement son couvre-chef), il a eu 20 ans il y a environ un mois et c’était le pire évènement de son année. Selon lui, avoir 20 ans c’est ne plus avoir le droit de ne pas justifier ses actes sous prétexte qu’on est encore un ado. Admettons, mais moi j’ai pas vu de changement depuis qu’il les a eu.

Chris aime la riot-folk, danser et, plus que tout, il aime son vélo. Fix wheel et tout le bazar, il peut en parler pendant des heures, moi j’y pige rien mais je lui dis que c’est chouette.

Au delà de tout ça, ce qui caractérise Chris c’est sa promptitude à classifier les gens. Comme j’aime pas bien être mise en boîte, ça nous a valu quelques engueulades mémorables. Il semblerait que depuis j’ai réussi à lui imposer le respect, et ça n’est pas rien. J’ai donc le privilège d’être une des rares personnes capables de discuter avec lui.

Le seul et unique but de la vie de Chris, celui pour lequel il est près à tout sacrifier y compris (en théorie) sa vie, c’est DETRUIRE LE CAPITALISME.
Moi j’y dis, et ben t’as pas fini.
Il prétend que la chute du capitalisme est inévitable, que ce soit à travers une révolution ou à travers une catastrophe écologique.
Chris est un nihiliste (c’est lui qui le dit, parce que lui-même n’échappe pas à sa folie des mises en boîtes), qui attend la chute du capitalisme parce qu’il a réalisé qu’il ne pouvait pas être libre dans un système capitaliste. Il n’a aucune attente, aucune prédiction et aucune proposition concernant le monde post-capital. Ca c’est un programme.

Certains jours, tout ça m’agace prodigieusement.
Mais il faut tout de même avouer qu’il a de bons côtés, notamment le fait qu’il soit vegan et son engagement pour la libération animale.

Pour les petites phrases, tous les matins (aprems, nuits, quand je me lève) il me dit « Good morning sunshine ! », ce à quoi je réponds « ‘morning sunset… ». Il est également adepte du « Hell Yeah ! », et du signe de son gang, dont il est le seul membre, composé à la main gauche d’un V, et à la main droite d’un flingue, croisées pour former le signe « V – Gun »/ Vegan, quoi.

Sinon il est dyslexique (comment se fait-il que « dyslexique » soit un mot si difficile à écrire ?) et poète, il a un gros orteil tout infecté probablement par un ongle incarné et refuse de se soigner parce que les médecins sont tous des menteurs incompétents, et aussi parce qu’il n’a pas d’argent et refuse d’en avoir. Je vous épargne la photo de l’orteil afin de ne pas avoir le CSA sur le dos qui classerait mon blog interdit aux moins de 18 ans.

Pour la photo j’avais malheureusement pas d’image convenable du gang V-Gun, alors j’ai mis volontairement une photo où il pose. Ca en dit long sur le personnage… mais ne soyons pas trop durs, à mon départ il m’a glissé un mot très gentil dans mon sac, au cas où on ne se revoit pas. Mine de rien, ça fait plaisir.

lundi 18 décembre 2006

Puy-de-Dôme, me voilà



Depuis mercredi j'ai retrouvé la mère patrie, les montagnes, les forêts, le brouillard, le froid (oui, bon, je sais bien que -5°C c'est pas très impressionnant, amis québécois), les étoiles, la Lune, les amis... formidable, me direz-vous. Et bien en effet, ça fait un bien fou. La nature m'a terriblement manqué à Londres, mégapole dont on ne voit jamais la fin (et pourtant, j'ai poussé loin, hein).

Mais depuis vendredi j'ai aussi retrouvé la mère-tout-court, les repas à 19h00, les soirées d'ennui dans ma chambre (heureusement que j'ai la saison 3 de Six Feet Under), le froid qui me gèle les doigts et m'empêche de me rouler une clope, le silence de mort qui règne sur la maison... et tout ça, ça ne me manquait pas plus que ça.

J'ai retrouvé P'pa, qui est content de me voir, me reproche d'avoir arrêté mes études, mais ne peut s'empêcher de laisser entrevoir une pointe de fierté quand il constate qu'il a refilé à sa fille le terrible virus des voyages sans fin. C'est un mode de vie qu'il aurait du mal à me reprocher.

J'ai retrouvé Christine, ma génitrice, dont la position se résume en un seul extrait de dialogue (forme de communication peu commune entre nous, qui se termine généralement de manière désagréable) :
"Moi je dis que c'est dommage que tu n'ai pas fini ton année d'étude."
"Pourquoi ?"
"Ah ben quand même, ça fait plus propre !"

Hum.

J'ai aussi retrouvé Papy, qui a du mal à comprendre où je veux en venir et surtout où je vais, mais qui laisse couler tant qu'il voit que je fais ce qui m'intéresse. Ca paraît logique, comme ça, c'est un peu censé être la réaction normale d'une famille aimante et bienheureuse, mais chez moi c'est assez rare pour être noté. J'ai eu vent par ma cousine Sandrine qu'il aurait dit: "Oh ben tu sais, tant qu'elle est heureuse ! Et j'me fais pas de souci pour elle, elle pourrait se faire inviter chez la reine d'Angleterre si elle le voulait !". Quand on a discuté tous les deux j'ai souligné des projets qui lui parlent, comme réparer des vélos pour les mettre à disposition des voisins (tu vois Papy, je branle pas rien ! La preuve, regarde, j'ai les mains toutes sèches et pleines de crevasses...), et je crois que ça a marché, bien qu'il ait conclu sur un "Bon. Ben j'ai une petite fille clocharde."
J'ai souri, et j'ai répondu que oui.

Ah, donc, ça ne se passe pas trop mal. C'est vrai, mais je n'ai pas encore vu Mamie Ginette (qui à coup sûr va me tirer les cheveux), ni Tante Gilberte, ni Tonton Michel... non non non, je réserve tout ça pour le repas de Noël, qui s'annonce prometteur. Promis, je vous ferais un compte-rendu.

Sinon, même si c'est pas si terrible je m'ennuie à mourir, et comptait contrer cette fatalité en partant habiter quelques temps au Raymond, où j'ai un projet de réfection de la bibliothèque en cours.
Point du tout, me voilà coincée à Vic-les-Bains pour au moins trois jours, à cause de 2 brûlures sur infectées qui nécessitent un traitement régulier, contrairement à celui que j'appliquais jusque-là. Sachez, pour l'anecdote, que c'est mon radiateur londonien qui m'a attaqué dans mon sommeil.

Allez, pour les expatriés québécois qui ne reverront pas leurs montagnes cet hiver, je vous mets une petite photo de notre photographe-écolo édité en masse, notre ami de la nature en hélicoptère, le comble du vert bobo, Yann Arthus Bertrand ! (désolée, j'ai pas de clé USB sous la main pour illustrer avec mes propres photos. Mais je vais m'y mettre et vous éditer les autres portraits de colocs, parce que ça n'avance pas vite et que j'en ai quand même une petite vingtaine à faire. Si je vous ennuie, dites-le, hein.)

vendredi 8 décembre 2006

Portrait de coloc (co-squatter) n°1: Sam.



Sam, c’est probablement mon co-squatter préféré. Oui, je sais, c’est pas gentil de dire ça, mais de toute façon j’ai jamais eu de problème pour répondre à la question : ‘‘Tu préfères qui, ton papa ou ta maman ?’’…

Sam erre dans la maison à des heures improbables, celles où je pense être la seule encore debout. Il pointe sa tête dans l’encadrement de ma porte à 5h du matin pour me demander une feuille, et même si ça m’agace parce que tout le monde pense que j’habite en face du salon pour leur fournir tout ce dont ils pourraient avoir besoin, quand c’est Sam je ne peux pas m’empêcher de sourire. Des fois je dis non, pour le principe. Quand ça arrive, il revient 20mn plus tard.

Sam est hilarant, et à mes yeux il est l’anglais type. Il est poli la plupart du temps, et vraiment sympa parce que son sens du second (troisième ; vingt-cinquième) degré lui permet de laisser tous les conflits de la maison lui passer au-dessus.

Je me permet de glisser un exemple de l’humour de Sam, sûrement pas le meilleur mais ça m’a fait mourir de rire alors je l’ai retenu.
C’était un de ces jours où Par était dans une crise de musique violente, kitsch et commerciale, et il avait mis Iron Maiden à fond dans le salon. Quelqu’un (je ne sais plus qui, je suis ce qui passe dans le salon à l’oreille, sans quitter ma chambre) a commencé à se plaindre, arguant que la musique était vraiment merdique. Ce à quoi Par a répondu : ‘‘WHAT ?! This album is Iron Maiden MASTERPIECE !!’’ Sam a répliqué : ‘‘Yeah, but ‘‘Welcome to S Club 7’’ was S Club 7’s masterpiece as well…’’
Evidemment la blague n’est drôle que si vous vous souvenez d’S Club 7 qui, à ma connaissance, n’a fait qu’une très brève apparition sur les télévisions françaises. C’était une sorte de post-boys & girls-band avec une série télé à leur nom, et le seul extrait qui me revient en mémoire concerne l’une des filles, et une histoire de mannequin de pieds (ou de mains, enfin bref). Voyez que le scénar ne volait pas bien haut.
Je m’apprétais à clamer mon innocence en vous expliquant que, bien évidemment, c’est ma petite sœur qui regardait ça à l’époque, mais j’entends déjà vos railleries et les réclamations de la sus-nommée. Je m’abstiendrai donc, d’abord je ne vous doit pas d’explication.

A part ça, Sam est toujours habillé pareil parce qu’il n’a qu’un T-shirt, et n’avait qu’un jean avant de voir ses parents le week-end dernier. Maintenant il en a deux.
Ca peut paraître anodin, mais je vous jure que quand il emprunte des vêtements à quelqu’un d’autre pour laver les siens tout le monde y rega rde à deux fois pour être sûr que c’est bien lui.

Il aime le métal et la trance (et plein d’autres trucs, Sam est très ouvert d’esprit. Dommage que ses préférences aillent à la musique électronique. M’enfin bon, je peux pas lui en vouloir, il est DJ.), et jouer avec son cerveau le week-end en écumant les clubs.
Sam ne fera probablement jamais de mauvais trip, jusqu’ici je n’ai pas trouvé une seule chose qui pourrait entamer sa bonne humeur et effacer son sourire.

Mercredi Sam a eu 25 ans, et il a décidé que c’était carrément sa semaine d’anniversaire. Du coup on doit lui souhaiter « joyeux anniversaire » tous les jours jusqu’à mercredi prochain (on a le droit de s’arrêter dimanche), on est obligés d’être gentils avec lui, et pendant ce temps il fait la fête et plane toutes les nuits. Joli programme. Evidemment on est invité à faire la fête avec lui, mais j’ai répliqué que ma religion m’interdisait de sortir en club. Pis ça coûte cher.

Sa phrase préférée : « Hell Yeah ! », en référence à une chanson de Dead Prez (c’est du hip-hop. Certains disent que c’est bien, moi je dis que c’est du hip-hop…), second degré évidemment.

P.S : En exclusivité, la seule photo de Sam où il ne fait pas une tête bizarre. Il y mets un point d’honneur, et était vert que j’ai réussi à l’avoir dans son sommeil. Sur le canap derrière c’est Donna, qui n’habite pas là pour le moment, mais peut-être bientôt.

Des petites joies et des grandes frustrations liées aux nouvelles technologies

Ce matin vers, disons, 9h, j’ajoutais la touche finale à mon blog tout beau tout neuf. J’appréciais l’harmonie des couleurs, je vérifiais une dernière fois que tout était parfait (ou presque), bref je me délectais de mon évidente supériorité en matière d’informatique, quand tout à coup… une faute d’orthographe ! Point d’inquiétude, je maîtrise la situation. Pleine d’une confiance naïve, je clique sur "modifier", afin de transformer cet affreux "emmerder" en "emmerdée".


C’est à ce moment crucial que mon ordinateur s’est déconnecté.


Et pas moyen de capter cette saloperie de réseau à nouveau !
J’ai fini par me résoudre à aller me coucher, la mort dans l’âme, pensant que tout mon travail pour me faire passer pour une pro de l’HTML serait ruiné par la première chose que vous avez dû voir en arrivant sur margaret-thatcher : une bête faute de participe passé. La honte…



P.S: Message retardé par des problèmes de connexion... oui, encore.

mardi 5 décembre 2006

AVANT TOUTE CHOSE...

Oh, là ! Non mais je te vois venir, la roulette sur ta souris, prêtE à faire défiler l'écran ! Et tu pensais t'en tirer comme ça ?! Allez hop, on se dépèche de prendre les photos dans l'ordre où elles sont numérotées. Non mais, je me suis quand même pas emmerder à tout classer par ordre chronologique pour rien !