Chris est américain (de Denver, l’indique fièrement son couvre-chef), il a eu 20 ans il y a environ un mois et c’était le pire évènement de son année. Selon lui, avoir 20 ans c’est ne plus avoir le droit de ne pas justifier ses actes sous prétexte qu’on est encore un ado. Admettons, mais moi j’ai pas vu de changement depuis qu’il les a eu.
Chris aime la riot-folk, danser et, plus que tout, il aime son vélo. Fix wheel et tout le bazar, il peut en parler pendant des heures, moi j’y pige rien mais je lui dis que c’est chouette.
Au delà de tout ça, ce qui caractérise Chris c’est sa promptitude à classifier les gens. Comme j’aime pas bien être mise en boîte, ça nous a valu quelques engueulades mémorables. Il semblerait que depuis j’ai réussi à lui imposer le respect, et ça n’est pas rien. J’ai donc le privilège d’être une des rares personnes capables de discuter avec lui.
Le seul et unique but de la vie de Chris, celui pour lequel il est près à tout sacrifier y compris (en théorie) sa vie, c’est DETRUIRE LE CAPITALISME.
Moi j’y dis, et ben t’as pas fini.
Il prétend que la chute du capitalisme est inévitable, que ce soit à travers une révolution ou à travers une catastrophe écologique.
Chris est un nihiliste (c’est lui qui le dit, parce que lui-même n’échappe pas à sa folie des mises en boîtes), qui attend la chute du capitalisme parce qu’il a réalisé qu’il ne pouvait pas être libre dans un système capitaliste. Il n’a aucune attente, aucune prédiction et aucune proposition concernant le monde post-capital. Ca c’est un programme.
Certains jours, tout ça m’agace prodigieusement.
Mais il faut tout de même avouer qu’il a de bons côtés, notamment le fait qu’il soit vegan et son engagement pour la libération animale.
Pour les petites phrases, tous les matins (aprems, nuits, quand je me lève) il me dit « Good morning sunshine ! », ce à quoi je réponds « ‘morning sunset… ». Il est également adepte du « Hell Yeah ! », et du signe de son gang, dont il est le seul membre, composé à la main gauche d’un V, et à la main droite d’un flingue, croisées pour former le signe « V – Gun »/ Vegan, quoi.
Sinon il est dyslexique (comment se fait-il que « dyslexique » soit un mot si difficile à écrire ?) et poète, il a un gros orteil tout infecté probablement par un ongle incarné et refuse de se soigner parce que les médecins sont tous des menteurs incompétents, et aussi parce qu’il n’a pas d’argent et refuse d’en avoir. Je vous épargne la photo de l’orteil afin de ne pas avoir le CSA sur le dos qui classerait mon blog interdit aux moins de 18 ans.
Pour la photo j’avais malheureusement pas d’image convenable du gang V-Gun, alors j’ai mis volontairement une photo où il pose. Ca en dit long sur le personnage… mais ne soyons pas trop durs, à mon départ il m’a glissé un mot très gentil dans mon sac, au cas où on ne se revoit pas. Mine de rien, ça fait plaisir.
2 commentaires:
il a l'air trop cool pour lutter efficacement contre le capitalisme
Cool c'est p't'être pas le mot, mais c'est un pauvre idéaliste qui se croit en guerre lorsqu'il brandit un drapeau noir. Moi je trouve ça un peu triste...
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