
Depuis mercredi j'ai retrouvé la mère patrie, les montagnes, les forêts, le brouillard, le froid (oui, bon, je sais bien que -5°C c'est pas très impressionnant, amis québécois), les étoiles, la Lune, les amis... formidable, me direz-vous. Et bien en effet, ça fait un bien fou. La nature m'a terriblement manqué à Londres, mégapole dont on ne voit jamais la fin (et pourtant, j'ai poussé loin, hein).
Mais depuis vendredi j'ai aussi retrouvé la mère-tout-court, les repas à 19h
00, les soirées d'ennui dans ma chambre (heureusement que j'ai la saison 3 de Six Feet Under), le froid qui me gèle les doigts et m'empêche de me rouler une clope, le silence de mort qui règne sur la maison... et tout ça, ça ne me manquait pas plus que ça.
J'ai retrouvé P'pa, qui est content de me voir, me reproche d'avoir arrêté mes études, mais ne peut s'empêcher de laisser entrevoir une pointe de fierté quand il constate qu'il a refilé à sa fille le terrible virus des voyages sans fin. C'est un mode de vie qu'il aurait du mal à me reprocher.
J'ai retrouvé Christine, ma génitrice, dont la position se résume en un seul extrait de dialogue (forme de communication peu commune entre nous, qui se termine généralement de manière désagréable) :
"Moi je dis que c'est dommage que tu n'ai pas fini ton année d'étude."
"Pourquoi ?"
"Ah ben quand même, ça fait plus propre !"
Hum.
J'ai aussi retrouvé Papy, qui a du mal à comprendre où je veux en venir et surtout où je vais, mais qui laisse couler tant qu'il voit que je fais ce qui m'intéresse. Ca paraît logique, comme ça, c'est un peu censé être la réaction normale d'une famille aimante et bienheureuse, mais chez moi c'est assez rare pour être noté. J'ai eu vent par ma cousine Sandrine qu'il aurait dit: "Oh ben tu sais, tant qu'elle est heureuse ! Et j'me fais pas de souci pour elle, elle pourrait se faire inviter chez la reine d'Angleterre si elle le voulait !". Quand on a discuté tous les deux j'ai souligné des projets qui lui parlent, comme réparer des vélos pour les mettre à disposition des voisins (tu vois Papy, je branle pas rien ! La preuve, regarde, j'ai les mains toutes sèches et pleines de crevasses...), et je crois que ça a marché, bien qu'il ait conclu sur un "Bon. Ben j'ai une petite fille clocharde."
J'ai souri, et j'ai répondu que oui.
Ah, donc, ça ne se passe pas trop mal. C'est vrai, mais je n'ai pas encore vu Mamie Ginette (qui à coup sûr va me tirer les cheveux), ni Tante Gilberte, ni Tonton Michel... non non non, je réserve tout ça pour le repas de Noël, qui s'annonce prometteur. Promis, je vous ferais un compte-rendu.
Sinon, même si c'est pas si terrible je m'ennuie à mourir, et comptait contrer cette fatalité en partant habiter quelques temps au Raymond, où j'ai un projet de réfection de la bibliothèque en cours.
Point du tout, me voilà coincée à Vic-les-Bains pour au moins trois jours, à cause de 2 brûlures sur infectées qui nécessitent un traitement régulier, contrairement à celui que j'appliquais jusque-là. Sachez, pour l'anecdote, que c'est mon radiateur londonien qui m'a attaqué dans mon sommeil.
Allez, pour les expatriés québécois qui ne reverront pas leurs montagnes cet hiver, je vous mets une petite photo de notre photographe-écolo édité en masse, notre ami de la nature en hélicoptère, le comble du vert bobo, Yann Arthus Bertrand ! (désolée, j'ai pas de clé USB sous la main pour illustrer avec mes propres photos. Mais je vais m'y mettre et vous éditer les autres portraits de colocs, parce que ça n'avance pas vite et que j'en ai quand même une petite vingtaine à faire. Si je vous ennuie, dites-le, hein.)